."De mutilations en résurrection".Auteur: Marine SCHÄFER.

."De mutilations en résurrection".Auteur: Marine SCHÄFER.


Illustration par Charlotte

x-Geschichten-x@hotmail.fr



# Posté le mercredi 01 octobre 2008 13:07

Modifié le vendredi 06 mars 2009 13:06

..CHAPITRE I..

..CHAPITRE I..

«
Mon ange,

Je vais te demander une chose que tu dois me promettre. Je t'en supplie. Ne meurs pas, ne quitte pas ce monde pour me suivre au royaume des morts, cela ne servirait à rien même si tu penses totalement le contraire. Je te retire une partie de toi, voire ton âme toute entière, en mourrant aussi lâchement mais je t'assure qu'aucune de mes blessures n'auraient pu guérir après ce qu'il s'est passé... Même toi, mon guérisseur, mon sauveur, n'aurais pu faire la moindre chose pour réparer tout le mal qui a été fait. Je suis vraiment un être ignoble pour avoir la force de te laisser vivre seul sans moi, sans ta petite étoile, je m'en excuse profondément Johann. Comment peux-tu aimer quelqu'un comme moi? J'aurai aimé que tu me l'expliques. Une personne si égoïste, si lunatique, si méchante, si tellement de choses néfastes. Je t'ai aveuglé mon ange, aveuglé par la lumière si éblouissante des mes ailes noires d'ange déchu, tu as été attiré par l'appel de ma détresse et par le bruit de mes hurlements silencieux. Tu es tombé dans le panneau, je ne vois pas d'autre solution. On n'aurait jamais dû se connaître finalement, c'est assez dur à lire je le sais, mais c'est pourtant ce que l'on aurait dû faire. Tu n'aurais pas dû me défendre de ces êtres humains si vulgaires, de ce petit groupe de cons qui avaient une haine immense envers moi. Pourquoi? Je n'en sais rien du tout. Ils auraient dû continuer à me frapper jusqu'à ce que j'en crève et tu ne m'aurais jamais croisé, jamais parlé, jamais apprécié, jamais aimé et tu ne serais pas malheureux à cet instant. Mais après tout, je sais qu'un jour on se serait quand même rencontré, c'était écrit dans notre histoire, c'était une de nos tâches à accomplir sur cette Terre. Le destin nous a finalement réuni, bien trop tard à mon goût. Sais-tu comme je t'aime Johann, je mourrais pour toi, je meurs pour toi. Je meurs simplement parce que j'ai été trahis, par mes parents, par les tiens, par ma famille et par la tienne et surtout par toi. Tu ne comprends rien à ce que je te dis n'est-ce pas? C'est normal, tu comprendras plus tard. Je te laisse mon ange, il est l'heure pour moi de me conduire de façon lâche, en quittant ce monde injuste.


Je t'aime, ne l'oublies jamais, je t'en pris...


Alexiel »


Voilà les derniers mots que mon ange m'a laissé en signe d'au revoir. Cette lettre je la lis tous les jours depuis sa mort. Elle m'a quitté, je ne lui pardonne toujours pas, du moins, j'aimerais lui pardonner mais je ne peux pas. Je ne sais pas pourquoi elle est partie, elle ne me l'explique pas, pas explicitement en tout cas. J'ai mal, si elle savait et voyait comme tout ça me tue un peu plus chaque jour qui passe. Je me détruis, me laisse mourir. Est-ce volontaire? Sûrement. Je veux plus que tout la revoir, pouvoir la toucher, plonger mon regard dans le sien. Comme ses yeux me manquent... Ses yeux noisettes si magnifiques qui brillent au soleil, tantôt bruns tantôt verts, juste indescriptibles tellement leur beauté est impressionnante. Puis ses cheveux qu'elle lissait soigneusement tous les matins avant d'aller au lycée. Teints en noirs avec deux mèches blondes sur chaque côté de sa nuque. Pour moi elle n'est pas morte, elle vit toujours. Vous direz qu'elle vit en moi, je suis d'accord avec vous, mais je sais que son âme n'est pas partie. Qu'est-ce que je raconte! Elle est morte merde! Elle ne reviendra jamais... JAMAIS! Une larme coule le long de ma joue, je ne m'en inquiète plus maintenant, c'est une habitude pour moi de pleurer. Seul et sans réconfort. Rien. Le néant. Fils unique, enfin, à présent je le suis, mon père qui travaille beaucoup et ma belle mère que je peux à peine voir en photo. En arrêt de travail la pauvre, elle a mal au dos. Je lui donnerais des coups pour qu'elle ai mal pour quelque chose. Elle saurai au moins une fois dans sa vie ce qu'est la douleur. Physique du moins. Enfin bon, vous en tirez comme conclusion que je ne la porte pas dans mon c½ur celle-là. Il y en a qu'une qui avait sa place, qui la méritait vraiment même si elle ne le croyait pas. Elle se rabaissait tout le temps, me disait qu'elle ne pouvait pas être humaine vu ce qu'elle faisait aux gens, qu'elle était vraiment détestable. Mais moi je l'aimais. Si seulement je lui avais prêté mes yeux pour qu'elle puisse se voir au moins une fois, qu'elle voit ce qu'elle était réellement. Qu'au bout du compte, c'est moi qui ne la méritais pas... Alexiel. Je t'aime mon amour. Je pense à toi chaque jour. J'ai peur sans toi, j'ai froid, je ressens un manque, tu m'as retiré la vie en te ôtant la tienne. Je te rejoindrais petite s½ur, je te rejoindrais.


Je n'ai encore pas dormi cette nuit, ou juste cinq minutes et encore. Les nuits sont longues. Encore une journée de lycée aujourd'hui, aller Johann. Direction la salle de bain, une bonne douche bien chaude. L'eau me calme, m'apaise. Ça me fait beaucoup de bien. Mais je pense à elle quand même et j'en profite pour pleurer et mes larmes se mêlent à l'eau coulant sur mon visage. Je me sèche et commence à m'habiller. Ensuite je me maquille. D'ailleurs on pourrait me confondre avec une fille, on me confond avec une fille quand on ne sait pas ce que je suis. J'ai les cheveux mi-longs noirs, je me maquille en noir les trois quarts du temps, je suis mince, limite maigre. Je n'y suis pour rien c'est comme ça. Pour faire plus rapidement, on me dit souvent que je ressemble au leader d'un groupe de pop/rock Allemand, plus connu sous le nom de Tokio Hotel; un androgyne. Vous ne voyez peut-être pas mais je l'ai évoqué pour faire plus simple. C'était le groupe préféré d'Alexiel. Et d'ailleurs Bill était en quelque sorte son favori parmi les quatre garçons du groupe. Je sors de la salle de bain et descend pour « manger ». Super, y a la belle mère dans la cuisine. Rien de mieux pour commencer ma journée.

-Bonjour Johann.
-Bonjour.
-Bon anniversaire.


Fallait croire que j'avais oublié ce petit détails. Comment on peut oublier son anniversaire? Quoi que dans mon état, rien n'est impossible. Tous les jours se suivent et se ressemblent depuis qu'elle est parti, alors pensez que je n'en ai strictement rien à faire de mon anniversaire.

-Merci mais t'étais pas obligée. Quoique si, papa a dû te le rappeler en fait.
-Pourquoi es-tu aussi désagréable avec moi Johann? Qu'ai-je fait de si mal pour que tu m'en veuilles autant?
-Tu ne comprendrais pas, laisse tomber.
-Je n'arriverais jamais à te cerner...


Je n'ai pas envie qu'elle sache quoi que se soit sur moi. Je ne l'ai jamais aimé et je ne l'aimerais jamais. C'est vraiment la dernière personne à qui je me confierais afin qu'elle puisse lire en moi comme dans un livre ouvert.

-Pour que tu ai pitié de moi, non merci, tu peux la garder ta foutue pitié.
-T'es vraiment quelqu'un de froid. Tu n'était pas comme ça avant que..
-Avant que quoi?! Vas-y fini!
-Avant qu'Alexiel meurt...


Là s'en est trop. Elle est allée beaucoup trop loin. Elle a pas le droit! Je la regarde avec un regard noir et plus que glacial en m'approchant d'elle comme un psychopathe près à tuer sa victime.

-Ne t'avise plus jamais d'évoquer sa mort devant moi, c'est clair?
-Ou..Oui...


Elle a peur, je lui fais peur. Je n'avais pas le choix, elle a dépassé les limites c'est tout. Je pars de la cuisine en n'ayant rien n'avalé, de toute façon je n'aurai rien mangé. Je prends mon sac et je sors de cette maison. Je claque la porte d'entrée et m'adosse à celle-ci. Je me laisse glisser pour atterrir par terre. Je lève ma tête vers le ciel en fermant les yeux.

-Pourquoi tu m'as fait ça? Pourquoi Alexiel?...

Je reste un peu là, je réfléchis, chose que je fais beaucoup. Je regarde l'heure qu'il ai, je préfère ne pas arriver en retard. J'ai encore le temps d'aller à l'arrêt de bus. Je me redresse et commence à marcher. Je déambule, je erre à ne plus savoir où j'en suis, à être perdu. Moralement parlant bien sûr. J'arrive enfin, le bus ne va pas tarder. Il arrive deux minutes plus tard, encore remplis d'imbéciles, je dirais même de cons. Des déchets de la race humaine, s'ils en font parti car souvent j'en doute.

-Tiens, le travelo!

Voilà mon quotidien: disputes, insultes, déprime... Vive la vie n'est-ce pas?



# Posté le mercredi 01 octobre 2008 15:48

Modifié le mercredi 11 mars 2009 07:32

..CHAPITRE II..

..CHAPITRE II..

Je monte dans le bus, je vais encore recevoir des injures blessantes mais elles ne m'atteignent plus depuis bien longtemps.


-Alors la pédale, t'en fais une tête! Ton mec t'as pris toute la nuit et t'es fatigué c'est ça?
-Ma vie personnelle ne te regarde pas.

Une réponse dite sur un ton froid, mais cela n'empêche pas ces langues de vipères de continuer. Plus abrutis qu'eux, tu meurs. Dans ces cas-là, il faut toujours les ignorer. Ils rient aux éclats parce qu'ils croient que je me sens blessé, ils parlent de moi, comme d'habitude. Pendant ce temps, j'écoute de la musique pour ne plus les entendre, mais surtout pour que les minutes défilent plus vite et "dans la joie et la bonne humeur", tu parles. Mylène Farmer ensorcelle mes oreilles. Qu'est-ce que je l'aime ma Mylène. Bizarrement, la première chanson qui s'est 'affichée lorsque j'ai allumé mon I-Pod était "Fuck them all". Quel hasard n'est-ce pas? "Redonne-moi", "L'amour naissant", "Pas le temps de vivre", "Chloé" et celle qui passe en ce moment "XXL". Tu as bien raison Mylène, toutes les filles ont besoin d'amour. Lui en ai-je donné si peu pour qu'elle s'en aille si loin de moi? J'espère que ce n'est pas pour cela qu'elle m'a laissé. Mais j'ai quand même failli à mon devoir. Je n'ai pas dû être assez à son écoute, je n'ai sûrement pas pris assez de temps pour m'occuper d'elle, je ne l'ai peut-être pas assez protégé... Tant de raisons. Je m'y perds et à force je coule. Je sens les secousses du bus s'arrêter: on est arrivé.. Je descends du bus et me dirige devant le lycée. Mon fidèle briquet dans ma poche va me servir. Je sors une cigarette et l'allume. Première bouffée de poison de la journée. Ça fait tellement de bien, mais tellement de mal en même temps. Si ça me permet de mourir plus vite remarque, cela m'arrangerait, mais ce ne serai quand dans quelques années. Je pourrais la rejoindre, mon amour, mon âme soeur, ma vie. Ma vie à présent défunte? Un joli paradoxe mais si douloureux pour moi. Elle me manque plus que tout. J'aimerais qu'elle voit ça, qu'elle voit tout le mal qu'elle me fait. Je l'aime tant mais la hais d'une façon inimaginable. Elle n'avait pas le droit de m'abandonner et de me faire souffrir autant. Bon, c'est parti pour les cours, et à la fin de l'année le BAC. J'en suis ironiquement réjouis... Je ne sais pas si j'arriverais jusqu'à cette épreuve malheureusement. Mais je dois le faire pour Alexiel, elle ne serait pas fière de moi si je gâchais cette année scolaire, surtout pour elle. Je la connais trop. Puis il faut dire que j'aurais 20 ans l'année prochaine et être encore au lycée, ce n'est vraiment pas ce qu'il y a de mieux, surtout que j'ai les capacités pour réussir mais je ne les exploitent pas forcément. Quoiqu'il y a bien pire mais je ne veux pas être catalogué dans un groupe de "je ne fous rien et je gâche ma vie".

J'ouvre une des quatre portes du hall et pénètre dans ce dernier, rempli de lycéens. Personne connu, enfin apprécié, à l'horizon. Je me dirige donc vers les escaliers du premier bâtiment, monte les marches, tourne dans un couloir et avance vers la salle du fond. Toujours personne. Je me pose donc à un de mes endroit préféré, c'est-à-dire par terre calé contre le radiateur. Premier cours de la matinée: français. Deux heures. Je relis mes cours, sûrement un bon contrôle surprise pour commencer, on ne sait jamais et cela ne m'étonnerait pas venant de la part du prof. La porte s'ouvre au bout de quelques minutes laissant apparaître mon cher professeur de français. Nous ne sommes qu'une dizaine à entrer dans la salle, bizarre, mais je m'en contrefiche au fond. L'heure passe vite, comme les autres d'ailleurs.

Journée épuisante terminée. Sortir, enfin sortir d'ici. Rentrer et pour finir... Me tuer. Oui j'ai pris ma décision, je veux en finir. Je n'en peux plus de son absence. J'ai si froid sans Alexiel. Une enveloppe corporelle dépourvue de son âme, c'est comme si tu te transformais en homme de glace. Et c'est sans doute de là où ressort mon caractère frigide. Je dois encore prendre le bus et heureusement à mes souvenirs, les autres ne sont pas là. Je me dirige vers l'arrêt mais je m'arrête d'un seul coup, les yeux presque exorbités. Sa chevelure noire et blonde par endroits, sa silhouette que j'aime tellement. L'objet de mes vues tourne la tête vers moi et me regarde avec insistance. Ces yeux... Ce sont les siens il n'y a aucun doute. Non cela ne peut pas être elle. C'est impossible! Elle est morte et au cimetière, je le sais très bien... Je me retourne pour voir s'il n'y a personne derrière moi, on pourrait encore se foutre de ma gueule et je serais encore plus pris pour un fou. Par chance la rue est déserte. Je repose mon regard sur cet être magnifique mais là, plus rien. Personne. Une hallucination, j'aurais dû m'en douter. Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre me diriez-vous. Mais, elle avait l'air si... Réelle. Elle m'obsède beaucoup trop je crois.

J'essais de reprendre mes esprits malgré ce "choc". Je me remets à marcher en direction de l'arrêt de bus. Finalement c'est vraiment pas mon jour. Ils sont là à attendre, faisant semblant de fumer, ils "crapotent" comme on dit. Et ça se prend pour des surhommes... Pitoyable. Je m'approche encore quand Damien, le soit disant "chef de meute" me voit.


-Oh regardez qui vient là.

Je déteste ce sourire narquois. J'ai encore plus envie de le tuer quand il fait ça. Je sors une cigarette, toujours en l'ignorant mais cela l'agace, j'aime provoquer et encore plus ceux qui ne n'aime pas pour on ne sait quelle raison.


-Alors on se bousille la santé tapette? Ça t'abîme les poumons tu sais?
-Depuis quand tu te soucis de moi Damien?
-Si tu crèves, je n'ai plus personne à emmerder. A moins que tu ai envie de crever?
-Je ne partage pas mes désirs avec des ramassis de l'humanité.
-Oh, monsieur "je parle trop bien pour vous" ne veut pas me dire de quoi il a envie. C'est bien dommage. Mais tu n'arrives pas aussi bien à cacher ce que tu veux comme tu le penses, je sais que t'es attiré par la mort.
-Ah, et qu'est-ce qui te fait dire ça?
-Ça fait une dizaine d'années qu'on se connaît n'est-ce pas? Déjà « petit » tu aimais tout ce qui touchais aux trucs morbides et puis depuis que... Comment elle s'appelle déjà..
-Ferme ta gueule.
-Hum... Alexiel voilà c'est ça. T'as envie de mourir parce qu'elle est plus là n'est-ce pas? Comme c'est attendrissant. Vous étiez tellement soudés tous les deux, toujours fourrés ensemble.
-FERME TA GUEULE DAMIEN!
-Mais c'est qu'il devient violent le pd.

Sans même comprendre, mon poing atterrit directement sur sa figure. J'y suis aller vraiment fort, le pauvre petit en saigne de la bouche.


-Putain tu vas regretter ce que tu viens de faire!

Il s'approche de moi et commence à lever le bras. Quel imbécile. Il est d'une lenteur que je lui met un coup de pied à l'endroit si sensible propre à l'anatomie du mâle. Il réussi tout de même à finir ce qu'il avait commencé mais je ne reçois qu'une frappe indolore. Il s'écroule par terre. L'être humain est lâche. Ces chiens ne le défendent même pas et le regardent gire au sol. Je fais tomber ma cigarette, car je vois le bus arriver, à côté de son visage sur le bitume humide et froid. Je l'écrase avec le bout de ma Santiag et m'accroupi au niveau de son visage, il venait de se redresser sur ses coudes.


-Pour une tapette je ne frappe pas mal hein? Et puis n'oublies pas une chose: jusqu'à preuve du contraire et même si je suis homosexuel, ce qui n'est pas le cas d'ailleurs, je suis un homme donc je connais les points sensibles.

Le bus était là depuis peu et le chauffeur attendait que je monte.


-Souviens-toi de ça Damien.

Je monte dans le bus et m'installe à la dernière place libre. Je suis assez fier de moi je dois dire. Même si je risque de le payer plus tard. Que dis-je? Il n'y aura pas de "plus tard". Ma fidèle Mylène revient hypnotiser mes oreilles de sa voix angélique. "Tristana", chanson si mélancolique. Je ne peux pas m'empêcher de verser une micro larme. Elle commence à couler le long de ma joue mais je l'essuie d'un revers de manche avant qu'elle ne finisse son chemin. "Laissez-la partir, laissez-la mourir". En l'occurrence je pense à moi, à elle aussi. Nous allons enfin nous rejoindre. Enfin. J'attends ça depuis tellement de temps. Sept mois n'est rien dans une vie, mais sept mois sans elle semblent une éternité. J'arrive déjà à mon arrêt, je n'ai pas vu le temps passer et je ne peux me souvenir de ce que j'ai écouté. Trop captivé par mes pensées. Je descends et commence ma marche vers la maison. "Je te rends ton amour", "Il n'y a pas d'ailleurs" et "Rêver" m'accompagnent le temps de rentrer. Je suis devant le portillon. Personne dans cette demeure, la belle-mère a dû partir faire les boutiques. C'est bizarre d'arriver à faire les boutiques pendant des heures avec un mal de dos suffisamment présent pour causer un arrêt de travail. Enfin bon. Elle fait ce qu'elle veut de sa vie.

Pour mon cas, la mienne s'achève dans peu de temps...

# Posté le samedi 04 octobre 2008 11:41

Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:16

..CHAPITRE III..

..CHAPITRE III..

J'entre dans la maison vide. Je me mets à l'aise mais pense encore au fait que ma vie va se terminer très bientôt. Elle avait opté pour certaines substances médicinales. J'hésite à la suivre jusqu'au bout dans cet acte. Je me suis toujours vu dans un bain de sang dans mes rêves, j'aime le sang. On pourrait me prendre pour un vampire. Autrefois quand elle était là, de temps en temps Alexiel et moi prenions un instant rien que pour nous, pour être unis comme jamais. Elle venait chez moi, on regardait la plupart du temps un film fantastique sur les vampires, ou un simple film d'horreur, nous adorions ça. C'était une sorte de mise en bouche à ce qui allait suivre. Nous montions ensuite dans ma chambre et nous fermions la porte à clé, au cas où quelqu'un voulait nous déranger. Je m'approchais d'un de mes meubles et en ouvrais le tiroir je cachais notre "précieux" petit objet pendant qu'elle se mettait à l'aise, vraiment à l'aise. Je n'ai pas à vous faire de dessin. La lame de rasoir en main, je m'approchais de mon lit où elle se trouvait. Elle me souriait, et ce sourire me montrait qu'elle était heureuse. J'enlevais mon t-shirt et m'assaillais devant elle. Je m'approchais de son corps, si parfait à mes yeux. J'effleurais sa peau avec cette petite arme blanche si tranchante, sans lui faire de mal. Elle aimait ce contact, cela la faisait frissonner. De plaisir et non de peur bien évidemment. Je commençais à enfoncer un peu plus la lame et traçais un petit chemin pour lui dessiner une blessure qui, en enlevant la lame, se mettait à saigner petit à petit. Nos regards se croisaient et nous nous sourions. Elle me prenait la lame des mains et faisait de même sur le haut de mon dos, sur mon omoplate, pendant que je suçais, léchais son sang dégoulinant sur son bras. Nous aimions énormément ça. Pourquoi? On n'aurait pas su vous l'expliquer, un fantasme sûrement pour l'un comme pour l'autre. Cela n'avait rien de sexuel pourtant, malgré ce qu'on aurait pu penser. On aurait été pris pour des monstres si les gens l'avaient su, surtout avec le fait que nous étions "frère et soeur". On nous prenait toujours pour un couple, c'est vrai qu'on en avait l'air mais ce n'était qu'un simple amour fraternel, du moins pour elle. Moi je l'aimais vraiment, mais je ne pouvais lui avouer ce que je ressentais vraiment. Tout aurait été gâché entre nous.... C'était un amour extrêmement fort même si la nature des sentiments était différente. Cet amour a conduit et conduira jusqu'à la mort. Je sors de mes pensées, prends mon sac et monte dans ma chambre. J'entre dans mon univers, pose mes affaires et décide m'allonger , j'ai besoin de réfléchir. Je vais mourir... Je m'étends sur mon lit et je forme une étoile. Je pose mon bras sur mon oreiller mais je sens quelque chose, un objet un peu dur. Je me relève et regarde ce qui a bien pu m'empêcher de me détendre un peu. Un paquet, un petit paquet emballé dans un papier noir et entouré d'un ruban rouge. Il y a même une petite étiquette blanche: sûrement un mot de l'expéditeur. Bizarre, d'habitude personne ne prend le temps de faire un si joli emballage, surtout en mariant si bien mes couleurs préférées. Tant pis, je m'en fiche un peu. Je n'ai vraiment pas la tête à ça. Je repose le paquet et me remet à mes pensées, il ne me reste que ça à faire.

Au bout de cinq minutes peut-être, je me demande encore qui a bien pu m'offrir ce cadeau. Peut-être mon père puisque je ne le verrai pas ce soir, il est parti en Allemagne en déplacement pour son travail. Je crois qu'il va en profiter pour aller voir ma mère, lui parler de mon état plus qu'inquiétant avec le temps. Ma mère me manque.... Mon BAC en poche, enfin maintenant cela n'a plus d'importance, je voulais aller m'installer avec elle, dans mon vrai pays, ma vraie nation. Je suis né là-bas, en Allemagne, mais j'ai les deux nationalités, bref. Peut-être la belle-mère qui veut se faire pardonner de la dispute de ce matin, cela lui ressemblerait bien. Mais elle n'arrivera pas à m'amadouer, je ne cède jamais. Je me décide enfin à regarder l'étiquette. En premier temps sans conviction, une belle écriture noire sur le papier blanc. Puis je pousse un peu plus ma curiosité et lis le contenu. Un arrêt. Le temps se fige et moi aussi par la même occasion.




« Bon anniversaire mon ange.
Je t'aime <3

Ton Alexiel
»




Je n'ose pas le croire. C'est vraiment, comment dire.... Affreux. Je pense directement à une blague. Une blague d'un extrême mauvais goût. C'est vraiment dégueulasse d'utiliser son nom de cette façon aussi ignoble. Quel est le salaud qui a osé me faire ça?! Je jette le paquet à travers la pièce. Je suis envahi par une rage sans limite. Je me lève et m'attaque aux pauvres bibelots et autres objets entreposés dans ma chambre. Ils connaissent un mauvais sort. Je tape contre les murs. Je n'arrive plus à me contrôler tellement la colère est immense.

Je me suis enfin calmé, enfin tout en a l'air. Je suis recroquevillé sur mon lit, surmontant le champ de bataille digne de la seconde guerre mondiale qu'est devenue ma chambre. Puis je repense à mon hallucination remontant à quelques heures déjà, avant de revenir à la maison. A-t-elle un lien avec tout ça? Et si c'était vraiment elle tout compte fait? Je ne vois pas les morts pourtant. Enfin il me semble. Pourquoi je n'aurai vu qu'elle dans ce cas là? J'ai bien peur que... Non, non... Même si je crois aux évènements surnaturels et aux esprits, ceci est vraiment impossible. Je me mets à chercher le cadeau et le trouve peu de temps après. Je relis l'étiquette, en tremblant. Dois-je l'ouvrir? Si non, c'est trop tard. J'ai donc défais le ruban et le papier et me trouve désormais face à une boîte blanche. Je n'ose pas l'ouvrir. Pourtant je le dois. Le couvercle retiré, la boîte s'ouvre sur un petit ours en peluche. Un petit ours abîmé et usé, sûrement blanc à la base mais un peu grisé face au temps sans doute. Je l'ai déjà vu cet ours, j'en suis sûr. Mais où? Telle est bien là la question. Je sens une présence dans la pièce. C'est vraiment bizarre, la sensation que cela me procure aussi. Je scrute chaque recoin mais pourtant rien. Derrière moi, rien non plus. C'est de plus en plus incompréhensible. Je me lève et me dirige vers la salle de bain. Un peu d'eau sur mon visage me fera le plus grand bien. J'ouvre le robinet et laisse couler l'eau, je n'aime pas l'eau froide. Je prends un peu de ce liquide dans mes mains et me le mets sur le visage. Quel bien que cela procure... Je prends une serviette et m'essuie doucement la figure. Je me décide de retourner dans ma chambre après quelques minutes de néant absolu. Je me rends compte du désordre qui en a pris possession. Je n'ai pas pu faire tout ça, je ne suis pas aussi colérique. Je suis un peu maniaque sur les bords, assez paradoxal avec l'état actuel de ma chambre c'est vrai, je commence donc à ranger. Mon oreiller, retrouvé à l'autre bout de la pièce, est complètement éventré. Je devais être fou, il n'y a pas d'autre possibilité. Je m'approche d'un cadre où est exposée notre photo. La toute dernière, magnifique. Qu'est-ce qu'on est beaux tous les deux dessus. Aucune fille ne peut égaler sa beauté, c'est la seule et l'unique merveille dans ce monde. Alexiel, mon ange déchu. Dans mon excès de folie, j'ai brisé le verre qui protégeait la photo. Quel con je peux être, c'est affligeant. Je la prends et la regarde. C'était le bon vieux temps, quand tu étais encore là mon amour. Mon téléphone sonne. La sonnerie d'un message. Mais pourquoi cette sonnerie qui retentit est la sienne? Celle que j'avais mis pour Alexiel. Cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas entendu... Je l'avais dans les oreilles tous les jours avant. Je pose la photo par terre, nos deux visages semblent encore me fixer, et prends mon téléphone. J'ouvre le message, un message vide, aucun mot, juste un blanc. Cette histoire plus qu'étrange m'effraie de plus en plus. Je lance mon portable sur le lit et reviens à l'endroit où j'ai laissé la photo. Un vent léger de panique m'envahit. Pour rien peut-être, mais comment pouvez-vous m'expliquer que la photo soit.... retournée? Je n'étais pas là, je n'y ai pas touché! Tout est si bizarre, je ne comprends plus rien.... Ce sont juste des hallucinations, d'accord Johann? Je reprends un peu mes esprits, quoique. Derrière cette photo, que tu avais glissé avec ta lettre, tu avais écris:




« Je serais toujours là, n'en doute pas....
Je t'aime plus que tout Johann <3
On se retrouvera je te le promets.

Alexiel
»


Cette situation, mes sentiments, mes envies.... Je suis totalement perdu. Je mets ma tête entre mes genoux et commence à pleurer. Je ne sens plus rien, je n'ai plus conscience de rien, le temps avance à mille à l'heure ou, au contraire, compte chaque seconde qui passent lentement. Des heures, des minutes. Je ne sais pas depuis combien de temps je fais mon cinéma. Je me dirige vers mon lit, je suis épuisé. Je ne sens même pas que je m'endors...

Une douce mélodie. J'entends une vois agréable, un fredonnement lent et mélancolique. On dirait ma chanson préférée, tout comme celle de ma muse: "L'amour naissant", signé l'ange roux. Ta voix. C'est la tienne Alexiel. Je suis dans un rêve, nul doute.


-Johann...
-Mon ange tu m'as tellement manqué.
-Je... Je m'excuse pour tout ça...
-N'y penses plus, tu es là c'est ce qui compte.

Je la prends dans mes bras et sens la... froideur de son corps?


-A.. Alexiel...
-Oui.
-Pourquoi es-tu... si froide?
-Je suis morte, l'aurais-tu oublié?
-Mais.. M.. Mais nous sommes dans un rêve et, quand tu es dans mes bras, je sens ta chaleur corporelle, ton parfum... Comme avant... Mais là, rien.
-Johann, es-tu vraiment sûr de rêver?



# Posté le lundi 27 octobre 2008 09:39

Modifié le mercredi 11 mars 2009 08:32

..CHAPITRE IV..

..CHAPITRE IV..

La lumière du jour qui entre dans ma chambre me fait soulever mes paupières. Je me redresse lentement. Hum... Un mal de crâne énorme me prend. J'encadre ma tête de mes deux mains, ça ne fera pas partir la douleur mais cela n'empêche pas que j'ai l'impression que ma boîte crânienne est sur le point d'exploser. J'ai dormis tout habillé? Bizarre... Ce n'est pas à mon habitude. J'ai dû m'endormir comme un mec qui rentre bourré d'une soirée et qui n'a pas le temps de se dévêtir pour dormir paisiblement. Mais j'y pense... C'est bien la première nuit que j'arrive à dormir correctement et toute une nuit. Que s'est-il passé? Je ne me souviens de rien. Je consulte mon portable pour voir l'heure qu'il est: 12h36. Comment j'ai pu me reposer tout ce temps! Sans m'en rendre compte j'avais dit cette phrase à haute voix, très haute voix.


- Johann? Tu es réveillé?
- Euh... Oui papa.

Il est donc rentré. Quelle déduction Johann.... La porte de ma chambre s'ouvre sur mon père, il a l'air plus heureux que d'habitude.


- Tu as bien dormi?
- Bizarrement, oui.
- Tu as pris des somnifères?
- Non, tu sais très bien que je n'aime pas prendre de médicaments.
- Oui excuse-moi.
- Tu es rentré quand?
- Ce matin, vers 9h, d'ailleurs j'ai une surprise pour toi.

Il m'a dit cette phrase avec un large sourire. Cela me laisse perplexe.


- Descends avec moi, ton « cadeau » t'attend.
- Euh... Papa, je peux te poser une question?
- Bien sûr.

Je me lève de mon lit et me dirige vers un de mes meubles sur lequel l'ours en peluche qui se trouvait dans cette maudite boîte se tenait. Je me retourne vers lui et avance jusqu'à être à ses côtés.


- Tu ne saurais pas qui aurai pu m'offrir... Ça?
- Bien sûr que je le sais.

Mes yeux s' écarquillent au plus haut point.


- Et... Qui m'a offert ceci?
- Eh bien c'est...
- C'est?
- Tu ne veux pas plutôt qu'on en reparle plus tard.

Il commence à sortir de ma chambre mais je lui empoigne le bras d'une telle force qu'il se retrouve en deux temps trois mouvements « projeté » à nouveau dans la pièce.


- Johann! Mais qu'est-ce qui te prend?!
- Je t'ai posé une question, et j'aimerais hâtivement connaître la réponse.
- Ce n'est pas une raison pour jouer de ta force avec moi ainsi!
- Papa, je t'en pris, réponds moi.
- Assis-toi Johann.

Il s'assoie sur mon lit et tapote la couverture pour que je le rejoigne.


- Est-ce si important que ça?
- Oui.
- Tu me fais peur papa...

Je décide quand même de m'asseoir mais cela m'intrigue.


- Je... Je sais que cela t'as fais mal quand ta mère et moi te l'avons appris, à toi et à ton frère.
- Papa, ne parle pas de Julien....
- Tu as sans doute très peu de souvenirs d'elle depuis qu'elle est partie, n'est-ce pas?

Il ne m'a pas entendu... Tant pis, il n'est pas au courant et je n'ai pas envie de tout lui raconter...


- Presque pas... Pour ne pas dire aucun.
- Je vais t'avouer quelque chose, puisque nous pouvons nous parler un peu et que cela me fera du bien de vider mon sac...
- Je t'écoute.
- J'ai extrêmement souffert de la perte de ta s½ur, et j'en souffre encore... On nous a enlevé notre petite fille, elle a peut-être été violée, et est sûrement morte à l'heure qu'il est... Elle n'avait que 3 ans...
- C'était ta fille papa, c'est normal que tu ressentes ça.

Il m'avait dit ce petit discours sur ma s½ur avec les larmes qui coulaient le long de ses joues, je ne l'avais jamais vu ainsi...


- Puis la séparation
- Le divorce...
- Oui, le divorce avec ta mère, ton frère qui part avec elle, leur déménagement en Allemagne, le peu de visite de la part de Julien, je me sentais comme rejeter par mon propre fils. Mais toi tu étais là. On était tous les deux, tu m'épaulais et tu prenais soin de moi. Je ne l'oublierais pas ça Johann. Mais ensuite tu as grandis, tu as totalement adopté le style que tu abordais déjà plus ou moins, et surtout, tu as rencontré Alexiel. Tu avais beau essayer de caché ton amour pour elle, moi je le savais. Ça se voyait dans tes yeux, une « petite soeur » comme tu disais si bien, ne pouvait te rendre aussi heureux rien que quand tu la voyais. Je retrouvais petit à petit le sourire juste en te voyant si vivant, voulant crier de toutes tes forces que la vie était belle sur tous les toits. Mais, elle aussi nous a quitté, elle t'a quitté, à jamais. Je sais que cela t'a détruit et depuis tu n'es plus le même, je ne te reconnais pas. Sûrement normal dû à la souffrance je sais, mais je ne vois plus du tout mon fils dans ce que tu es devenu... J'essais de le trouver mais en vain.

Pendant qu'il me parlait de ses états d'âme, je pleurais. Tout ce qu'il a dit est vrai, enfin presque tout. J'ai également perdu mon frère. Il n'est pas mort, non, mais depuis qu'il est parti avec ma mère, je n'ai plus eu de nouvelles, pas une seule. Si, juste le jour où je l'ai appelé et qu'il a daigné répondre et me dire qu'il ne voulait plus de moi, qu'il me reniai et qu'il ne voulait plus jamais me voir. Un coup de poignard dans mon c½ur, dont la lame n'a jamais été retiré. C'était mon frère, mon frère jumeau. J'étais lui, il était moi, on ne faisait qu'un, du moins jusqu'à ce jour.


- Tout ça pour te dire Johann, que cet ours en peluche appartenait à ta petite s½ur.... Tu pleures?

Je tourne ma tête vers lui, il me dévisage et regarde l'eau salée coulant en abondance sur mes pommettes. Il s'approche de moi et me prends dans ses bras. Cela faisait des années que l'on avait pas eu de moment de confessions et de tendresse aussi... Intense. Encore un pur moment de plaisir retrouvé, gâché par l'intervention d'une personne que je verrai bien six pieds sous terre.


- Oh excusez-moi...
- T'en as rien à foutre alors t'excuses pas.
- Johann j't'en pris!
- C'est bien ce que je pensais, ton discours t'aurais pu le garder....
- Mais de quoi tu parles?
- Tu prends toujours sa défense, la défense de ta soit disant femme alors que tu penses toujours à maman, jamais la mienne, alors ton jeu théâtral pathétique du père qui veut retrouver son fils, tu te le gardes la prochaine fois, parce moi j'y avait cru...
- Johann attends!

Je sortis le plus vite possible de ma chambre et dévala les escaliers. Je m'empressa d'aller à la cuisine puisque malgré toutes les émotions, à cet instant j'ai faim même si c'est un miracle que mon esprit veuille laisser de la nourriture pénétrer dans mon corps. J'ouvre le frigo, observe son contenu et vois un reste de pizza, et un peu de salade. Aussi bizarre que je sois, j'aime bien la pizza froide. Encore une bizarrerie de plus à mon palmarès sûrement. Je prend cette nourriture avec moi et m'installe dans le canapé devant la télé. Je fais totalement abstraction de ce qui m'entoure. C'est souvent après mes petites crises d'humeur que je me rend compte que je devrais faire beaucoup plus attention à bien regarder autour de moi malgré mon aveuglement dû à la colère...


- Surprise Johann....

# Posté le samedi 01 novembre 2008 07:18

Modifié le mercredi 29 avril 2009 12:11