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Mon ange,
Je vais te demander une chose que tu dois me promettre. Je t'en supplie. Ne meurs pas, ne quitte pas ce monde pour me suivre au royaume des morts, cela ne servirait à rien même si tu penses totalement le contraire. Je te retire une partie de toi, voire ton âme toute entière, en mourrant aussi lâchement mais je t'assure qu'aucune de mes blessures n'auraient pu guérir après ce qu'il s'est passé... Même toi, mon guérisseur, mon sauveur, n'aurais pu faire la moindre chose pour réparer tout le mal qui a été fait. Je suis vraiment un être ignoble pour avoir la force de te laisser vivre seul sans moi, sans ta petite étoile, je m'en excuse profondément Johann. Comment peux-tu aimer quelqu'un comme moi? J'aurai aimé que tu me l'expliques. Une personne si égoïste, si lunatique, si méchante, si tellement de choses néfastes. Je t'ai aveuglé mon ange, aveuglé par la lumière si éblouissante des mes ailes noires d'ange déchu, tu as été attiré par l'appel de ma détresse et par le bruit de mes hurlements silencieux. Tu es tombé dans le panneau, je ne vois pas d'autre solution. On n'aurait jamais dû se connaître finalement, c'est assez dur à lire je le sais, mais c'est pourtant ce que l'on aurait dû faire. Tu n'aurais pas dû me défendre de ces êtres humains si vulgaires, de ce petit groupe de cons qui avaient une haine immense envers moi. Pourquoi? Je n'en sais rien du tout. Ils auraient dû continuer à me frapper jusqu'à ce que j'en crève et tu ne m'aurais jamais croisé, jamais parlé, jamais apprécié, jamais aimé et tu ne serais pas malheureux à cet instant. Mais après tout, je sais qu'un jour on se serait quand même rencontré, c'était écrit dans notre histoire, c'était une de nos tâches à accomplir sur cette Terre. Le destin nous a finalement réuni, bien trop tard à mon goût. Sais-tu comme je t'aime Johann, je mourrais pour toi, je meurs pour toi. Je meurs simplement parce que j'ai été trahis, par mes parents, par les tiens, par ma famille et par la tienne et surtout par toi. Tu ne comprends rien à ce que je te dis n'est-ce pas? C'est normal, tu comprendras plus tard. Je te laisse mon ange, il est l'heure pour moi de me conduire de façon lâche, en quittant ce monde injuste.
Je t'aime, ne l'oublies jamais, je t'en pris...
Alexiel »
Voilà les derniers mots que mon ange m'a laissé en signe d'au revoir. Cette lettre je la lis tous les jours depuis sa mort. Elle m'a quitté, je ne lui pardonne toujours pas, du moins, j'aimerais lui pardonner mais je ne peux pas. Je ne sais pas pourquoi elle est partie, elle ne me l'explique pas, pas explicitement en tout cas. J'ai mal, si elle savait et voyait comme tout ça me tue un peu plus chaque jour qui passe. Je me détruis, me laisse mourir. Est-ce volontaire? Sûrement. Je veux plus que tout la revoir, pouvoir la toucher, plonger mon regard dans le sien. Comme ses yeux me manquent... Ses yeux noisettes si magnifiques qui brillent au soleil, tantôt bruns tantôt verts, juste indescriptibles tellement leur beauté est impressionnante. Puis ses cheveux qu'elle lissait soigneusement tous les matins avant d'aller au lycée. Teints en noirs avec deux mèches blondes sur chaque côté de sa nuque. Pour moi elle n'est pas morte, elle vit toujours. Vous direz qu'elle vit en moi, je suis d'accord avec vous, mais je sais que son âme n'est pas partie. Qu'est-ce que je raconte! Elle est morte merde! Elle ne reviendra jamais... JAMAIS! Une larme coule le long de ma joue, je ne m'en inquiète plus maintenant, c'est une habitude pour moi de pleurer. Seul et sans réconfort. Rien. Le néant. Fils unique, enfin, à présent je le suis, mon père qui travaille beaucoup et ma belle mère que je peux à peine voir en photo. En arrêt de travail la pauvre, elle a mal au dos. Je lui donnerais des coups pour qu'elle ai mal pour quelque chose. Elle saurai au moins une fois dans sa vie ce qu'est la douleur. Physique du moins. Enfin bon, vous en tirez comme conclusion que je ne la porte pas dans mon c½ur celle-là. Il y en a qu'une qui avait sa place, qui la méritait vraiment même si elle ne le croyait pas. Elle se rabaissait tout le temps, me disait qu'elle ne pouvait pas être humaine vu ce qu'elle faisait aux gens, qu'elle était vraiment détestable. Mais moi je l'aimais. Si seulement je lui avais prêté mes yeux pour qu'elle puisse se voir au moins une fois, qu'elle voit ce qu'elle était réellement. Qu'au bout du compte, c'est moi qui ne la méritais pas... Alexiel. Je t'aime mon amour. Je pense à toi chaque jour. J'ai peur sans toi, j'ai froid, je ressens un manque, tu m'as retiré la vie en te ôtant la tienne. Je te rejoindrais petite s½ur, je te rejoindrais.
Je n'ai encore pas dormi cette nuit, ou juste cinq minutes et encore. Les nuits sont longues. Encore une journée de lycée aujourd'hui, aller Johann. Direction la salle de bain, une bonne douche bien chaude. L'eau me calme, m'apaise. Ça me fait beaucoup de bien. Mais je pense à elle quand même et j'en profite pour pleurer et mes larmes se mêlent à l'eau coulant sur mon visage. Je me sèche et commence à m'habiller. Ensuite je me maquille. D'ailleurs on pourrait me confondre avec une fille, on me confond avec une fille quand on ne sait pas ce que je suis. J'ai les cheveux mi-longs noirs, je me maquille en noir les trois quarts du temps, je suis mince, limite maigre. Je n'y suis pour rien c'est comme ça. Pour faire plus rapidement, on me dit souvent que je ressemble au leader d'un groupe de pop/rock Allemand, plus connu sous le nom de Tokio Hotel; un androgyne. Vous ne voyez peut-être pas mais je l'ai évoqué pour faire plus simple. C'était le groupe préféré d'Alexiel. Et d'ailleurs Bill était en quelque sorte son favori parmi les quatre garçons du groupe. Je sors de la salle de bain et descend pour « manger ». Super, y a la belle mère dans la cuisine. Rien de mieux pour commencer ma journée.
-Bonjour Johann.
-Bonjour.
-Bon anniversaire.Fallait croire que j'avais oublié ce petit détails. Comment on peut oublier son anniversaire? Quoi que dans mon état, rien n'est impossible. Tous les jours se suivent et se ressemblent depuis qu'elle est parti, alors pensez que je n'en ai strictement rien à faire de mon anniversaire.
-Merci mais t'étais pas obligée. Quoique si, papa a dû te le rappeler en fait.
-Pourquoi es-tu aussi désagréable avec moi Johann? Qu'ai-je fait de si mal pour que tu m'en veuilles autant?
-Tu ne comprendrais pas, laisse tomber.
-Je n'arriverais jamais à te cerner...Je n'ai pas envie qu'elle sache quoi que se soit sur moi. Je ne l'ai jamais aimé et je ne l'aimerais jamais. C'est vraiment la dernière personne à qui je me confierais afin qu'elle puisse lire en moi comme dans un livre ouvert.
-Pour que tu ai pitié de moi, non merci, tu peux la garder ta foutue pitié.
-T'es vraiment quelqu'un de froid. Tu n'était pas comme ça avant que..
-Avant que quoi?! Vas-y fini!
-Avant qu'Alexiel meurt...Là s'en est trop. Elle est allée beaucoup trop loin. Elle a pas le droit! Je la regarde avec un regard noir et plus que glacial en m'approchant d'elle comme un psychopathe près à tuer sa victime.
-Ne t'avise plus jamais d'évoquer sa mort devant moi, c'est clair?
-Ou..Oui...Elle a peur, je lui fais peur. Je n'avais pas le choix, elle a dépassé les limites c'est tout. Je pars de la cuisine en n'ayant rien n'avalé, de toute façon je n'aurai rien mangé. Je prends mon sac et je sors de cette maison. Je claque la porte d'entrée et m'adosse à celle-ci. Je me laisse glisser pour atterrir par terre. Je lève ma tête vers le ciel en fermant les yeux.
-Pourquoi tu m'as fait ça? Pourquoi Alexiel?...Je reste un peu là, je réfléchis, chose que je fais beaucoup. Je regarde l'heure qu'il ai, je préfère ne pas arriver en retard. J'ai encore le temps d'aller à l'arrêt de bus. Je me redresse et commence à marcher. Je déambule, je erre à ne plus savoir où j'en suis, à être perdu. Moralement parlant bien sûr. J'arrive enfin, le bus ne va pas tarder. Il arrive deux minutes plus tard, encore remplis d'imbéciles, je dirais même de cons. Des déchets de la race humaine, s'ils en font parti car souvent j'en doute.
-Tiens, le travelo!Voilà mon quotidien: disputes, insultes, déprime... Vive la vie n'est-ce pas?